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France la vraie situation du chômage

Quand un député appelle à voter pour le candidat Emmanuel Macron lors de la future élection présidentielle et justifie son soutien sur le fondement « du bilan exceptionnel » du locataire de l’Elysée sur la baisse du taux de chômage, il convient d’aller au-delà des envolées lyriques.

Voici quelques éléments de bonne compréhension.

Quatre catégories permettent de suivre le chômage en France. Les baisses annoncées fièrement par le gouvernement cachent en fait des ficelles bien connues. La réalité est bien plus sombre entre radiation des inscrits et précarité des auto entrepreneurs. Durant la crise sanitaire, l’économie a survécu grâce à des aides massives. Quant sera-t-il lorsque ce flux viendra à se tarir ?

Quatre catégories de personne sans emploi permettent de suivre l’évolution du chômage :

  • Catégorie A : Chômeur sans aucune activité et en recherche active d’emploi ;
  • Catégorie B : Demandeur d’emploi avec une activité réduite courte ;
  • Catégorie C : Demandeur d’emploi avec une activité réduite longue ;
  • Catégorie D : Demandeur d’emploi en formation.

Au 4e trimestre 2021, la France (en dehors de Mayotte) enregistrait 3 336 000 personnes en catégorie A, soit une baisse de -5,8% par rapport au trimestre précédent, soit 208 500 inscrits en moins. Sur l’année 2021, la baisse est de -12,6%, soit 479 000 inscrits en moins.

Pour les catégories B et C, la tendance était identique. 5 659 000 personnes étaient inscrites dans ces deux catégories, soit une baisse de -3,6% au 4e trimestre 2021. Sur l’année 2021 la baisse est de -5,8%.

Ces résultats permettaient ainsi à la ministre du travail Élisabeth Borne de pérorer : « Une année exceptionnelle. Avec la création d’un million d’emplois depuis 2017 ».

Mais derrière ces annonces, ce sont toujours les mêmes ficelles qui sont utilisées. Former massivement des chômeurs de la catégorie A, les faire basculer dans la catégorie D. En 2021, les personnes associées à la catégorie D ont augmenté de +6,3%. Pendant la période du dernier quinquennat, les personnes associées aux catégories B et C ont augmenté de +12,2%.

En parallèle, la précarité s’est développée. La durée moyenne d’inscription à Pôle emploi, sous la présidence d’Emmanuel Macron, est passée de 298 jours à 370 jours (+24%).

La création d’emploi est aujourd’hui et pour l’essentiel le fait des auto entrepreneurs. Certes ces personnes ne sont plus au chômage, mais elles sont payées au lance-pierre et ne bénéficient pas ou peu de protection sociale.

Plus inquiétant, les radiations administratives ne sont pas comptabilisées (exemples : absence à un rendez-vous fixé par Pôle emploi sans motif légitime, incapacité à justifier ses recherches d’emploi). Elles représentent 18% des inscrits… une paille.

Ces chiffres occultent également les aides massives qui ont été consenties par l’état. Une partie du chiffre d’affaires des entreprises a été remplacée par de l’endettement permettant ainsi d’éviter les licenciements.

Que va-t-il se passer lorsque la morphine des aides va arrêter d’irriguer l’économie ?

Alors de grâce, Monsieur Dunoyer, travaillez vos dossiers et tentez de retrouver le chemin de l’exemplarité.

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